Espèce

Le Vautour moine : une lente croissance 

L’établissement du Vautour moine sur le territoire français reste très fragile. Les actions de réintroductions, de suivis, de prises en compte des menaces, de concertation pour limiter les dérangements sur les sites de reproduction, sont indispensables pour assurer la restauration de l’espèce sur le long terme. 

Comment reconnaître le Vautour Moine ?

COLLIER DE PLUMES

Il est l'un des plus grands rapaces de France, mesurant jusqu’à 2,95 mètres d’envergure et peut vivre une trentaine d’année. Il se distingue des autres vautours par son plumage brun sombre chez les adultes et quasiment noir chez les jeunes, par son cou emplumé et bordé d’une large collerette de plumes érectiles, ainsi que par la tonsure claire de sa tête et la cire violacée de son bec.

EN VOL

En vol plané, les ailes, de formes rectangulaires, sont tenues à plat et les extrémités sont tombantes. La queue quant à elle est légèrement cunéiforme. Le Vautour moine peut planer sur plusieurs mètres, et s’il prend une ascendance thermique, alors c’est plusieurs dizaines de kilomètres qu’il peut parcourir sans battre des ailes, impressionnant, non ?

NETTOYEUR NATUREL

Les quatre espèces de Vautours présentes en France sont des expertes en matière de nettoyage, de vrais équarisseurs naturels. Pour l’élimination d’une carcasse, chacun sa spécialité, le Vautour moine est lui un spécialiste des parties dures des cadavres comme la peau, les tendons, les cartilages, etc. Lorsque chacun a pris sa part, il ne reste plus rien, ou quasiment plus rien !

© Bruno Berthémy1,3, Fabrice Cahez2

Quel habitat ?

© Nathanaël Hermann

SUR UN ARBRE PERCHÉ

Le Vautour moine, contrairement aux trois autres espèces de vautours européens, est arboricole. 

Pour s’installer, il sélectionne généralement des pins sylvestres âgés, situés dans le tiers supérieur de versants clairsemés ou à proximité de zones rocheuses. Le Vautour moine niche souvent en colonies lâches avec une distance entre 400 et 1000 m entre chaque nid. La construction du nid est menée par les deux sexes !

Où l’observer ?

DES POPULATIONS TRÈS LOCALISÉES

Alors que le Vautour moine était largement réparti en Europe et en Asie avant le XXième siècle, sa population a très fortement régressée, ne laissant que quelques populations subsistant en Espagne, Grèce et en Asie. Afin de rétablir une population européenne de Vautours moines, sept programmes de réintroduction ont été menés (Espagne, France, et récemment Bulgarie)En France, après la complète disparition, le premier programme de réintroduction a été initié en 1992 dans les Grands Causses, puis deux autres ont suivis : en 2004 dans les Baronnies et à partir de 2005 dans le Verdon. Grâce à ces efforts de réintroduction, le vautour moine est à nouveau reproducteur en France depuis 1996. Vous aurez peut-être la chance d’observer ces majestueux oiseaux planer au-dessus de votre tête dans l’un de ces trois massifs français.  A vos jumelles ! 

© Eric Penet

Quelles menaces pèsent sur le Vautour Moine ?

Electrocution/Collision avec les lignes électriques

L’une des principales causes de mortalité connue pour l’espèce en France

Empoisonnement

L’empoisonnement constitue une menace majeure. Il survient principalement lors de l’ingestion d’appâts toxiques destinés à d’autres prédateurs, mais aussi à travers la consommation de bétails ayant reçu des traitements sanitaires potentiellement nocifs. Aussi, la consommation des restes de chasse expose les vautours (moines) à du saturnisme (intoxication liée à l'ingestion de plomb qui cause chez les animaux des troubles neurologiques et moteurs)

Tir

Des cas de destruction volontaire par tirs sont régulièrement constatés. Si ces tirs ne causent pas systématiquement la mort directe de l’individu, ils peuvent cependant laisser diffuser le plomb contenu dans les balles, pouvant à forte dose intoxiquer les individus

Collision avec les éoliennes

Les cas de collision avec des pales d’éoliennes restants rares, ils ne sont cependant pas inexistants. Les (larges) domaines vitaux de l’espèce s’avèrent être des secteurs à hauts potentiels pour le développement éolien, amenant ainsi une problématique certaine de coexistence

Maladies

Diverses pathologies infectieuses, insuffisance rénale, anémie, cachexie, etc., sont régulièrement constatées et identifiées lors des nécropsies

Pourquoi le protéger ?

AU SERVICE DE L’ÉCOSYSTÈME

Le vautour moine, ainsi que la guilde des rapaces nécrophages, joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes en se nourrissant de carcasses, ce qui limite la propagation de maladies et contribue au nettoyage naturel des milieux. Véritable “service sanitaire”, il participe à la bonne santé de la faune et des habitats. En tant qu’équarrisseurs naturels, ils entretiennent une relation à bénéfices réciproques avec les éleveursEspèce menacée, sa protection est également cruciale pour préserver la biodiversité et maintenir des chaînes alimentaires équilibrées. Sa présence, en plus de constituer un indicateur de la qualité des écosystèmesfavorise le développement de l’écotourisme dans certaines régions. 

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